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Christophe Berliocchi

Food

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Elements, la pépite world food de Bidart

Une pépite se cache dans un immeuble néo-basque de construction récente, le long de la RN10 (RD810) : le spot n’est pas glamour pour un dollar, on est loin de l’océan et des vagues, mais face à GIFI (lol) ! Pas de sunset ou de belle gauche ici, mais trois potes qui régalent : le chef Anthony Orjollet et son second Benoît Berthail, venus de… Norvège, aidés en salle de Yoann Bonniot.

 

Elements, ouvert en juin dernier, à l’amorce de la saison estivale, a révolutionné la cuisine un brin classique et hyper touristique de ce bout de côté et le guide branchouille « Le Fooding » ne s’y est pas trompé puisqu’il a tout simplement élu Elements table de l’année 2018, excusez du peu ! Ici, dans ce « restaurant de quartier », on insiste sur les produits locaux de saison, une cuisine saine, naturelle, des vins biodynamiques, le pain est au levain, ça ne peut que parler aux Parisiens du « Fooding » qui qualifie l’adresse de… punk anyway !

 

En tout cas, on n’a pas attendu cette distinction pour s’y rendre et découvrir la pépite : déjà, la carte du resto, entre une boulangerie et un magasin de cycle à vélo, est minimaliste, mais la qualité des produits, à commencer par ceux du charcutier Eric Ospital, et l’originalité des plats tapent à l’œil. Y’a de l’inspiration food fusion, world, du métissage qui fait du bien dans ce coin de France où les chipirons et la txuleta restent rois.

 

Dans une déco sobre, mais néanmoins nordique, du bois partout, des chaises aux murs, des luminaires tamisés, une cuisine ouverte avec un généreux comptoir où trônent des bocaux, Anthony, 32 ans, caquette vissée sur la tête, joue la carte du cool. C’est lui qui vient vous prendre la commande en personne, du jamais vu, le chef vous explique les intitulés (Kim-chi, salade Kale, yuzu d’Halsou), les poissons du jour…

 

Y a même des plats « végé », pour mon poto Romano Jeanticou, sans gluten, sans sel, sans sucre, nature, brut de décoffrage. Comme on connaît la qualité des produits d’Ospital et qu’on a envie de voir ce que le chef originaire de Lyon, qui a bourlingué en Asie, Espagne, Nouvelle-Zélande et donc en Norvège, a d’esprit canaille, on prend en entrée les oreilles de cochon, panées, algues (8€), avec le fameux kim-shi (3€), du chou asiatique. Croquant, légèrement gras, bien panées, juste ce qu’il faut pour les oreilles de notre ami porcidé, mais trop salé pour le kim-shi, pas notre truc.

 

Le poisson du jour est un bar, de ligne SVP, super bien cuit, avec la peau. Plus les petits légumes croquants qui vont bien, à l’instar de ces tranches de butternut grillées, et puis le Yuzu d’Halsou pour le peps, belle acidité ! Très joli plat à 15 euros ; prix plus que correct. En dessert, car on n’est pas venu pour plaisanter, on prend assiette de fromages (l’une des meilleures qu’il m’ait été donnée de déguster) tous affinés dans le coin par des petits fromagers, de l’AOP Ossau-Iraty au chèvre, agrémenté d’un rouge du Val de Loire léger et précis à la fois (clos de l’Elu, Indigène) à moins-ce qu’il ne s’agisse d’un rouge cabernet franc dont j’ai oublié le nom. On « se finit » avec « noisette, maïs, riz », copieux, en mode nordik, cool mais pas trop notre trip ce type de porridge.

 

Le vin est bon, nature, bio, mais attention à ne pas en abuser (on en a pris trois verres, un jurançon Lafitte pour débuter), d’abord parce qu’il faut être prudent lorsque l’on reprend la route, surtout cette foutue RN10 où la maison poulaga a ses quartiers, et aussi parce que la note peut vite grimper de quelques dizaines d’euros ; ce qui fut notre cas ce soir-là. Mais quand c’est bon, on ne compte pas, c’est bien connu…

Elements, 1247, avenue de Bayonne, Bidart (Pyrénées-Atlantiques). 09 86 38 08 51. Carte : de 21 à 42 euros. 

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