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Christophe Berliocchi

Live

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M Pokora à Pau, c’était Michael… François

Matt Pokora est « un performer », ce n’est pas nous qui l’écrivons, mais c’est lui qui le dit. Et il a raison, car sa performance vendredi soir au Zénith de Pau, devant 4600 personnes (en configuration assise) était dantesque : un show à l’américaine, pas seulement à cause du titre, le « My Way tour », rapport au répertoire de Claude François, dont son dernier album de reprises est disque de platine (ou plus, on ne sait pas trop en fait), mais surtout à cause du décorum. La scène, les lumières, les écrans géants, les danseuses, les musicos, très funky, bref, c’était du lourd, du très lourd même que ce concert d’un chanteur que l’on catalogue trop facilement comme futile.

 

Car Matt Pokora est tout sauf le produit marketing qu’il donne l’impression d’être, certes, le garçon semble s’aimer un peu, beaucoup, à la folie (mais qui n’est pas yo soy dans ce métier ?), néanmoins, ce chanteur mérite le respect : car, un il dure, c’est l’un des rares survivants de ce début de décennie des 2000’s, puisque depuis sa révélation dans « Popstars 3 », en 2003, le performer a enchaîné les succès, deux, il est bien entouré et trois, il est malin, il n’a pas fait « The Voice » pour rien. M Pokora sait jouer de son physique avantageux, d’ailleurs le Strasbourgeois finit le concert torse-poil, tatouages au vent : on l’a longtemps cru gay (un peu comme Claude François, soit dit en passant), il sait jouer sur les deux tableaux, mais, surtout, il plaît aux femmes, son public est à 98% féminin, avec une moyenne d’âge très jeune, à peu près celle de Justin Bieber, comme on a pu le constater à Pau. Pas étonnant du coup qu’il use du contre-pied et fasse monter sur scène l’antithèse de sa fan midinette, une dame en lunettes mode couguar, avec tenue de panthère et déhanchement extatique. Une partie un peu longue d’ailleurs de son live, qu’il aurait pu écourter…

 

Avant cela, Matt Pokora aura donné la part belle au répertoire de Clo-Clo, en mode groovy et up tempo grâce à une mise en place scénique exceptionnelle et des musiciens, au nombre de huit, très impressionnants, de la section cuivres, en arrière plan, aux guitaristes en passant par le duo rythmique, dont un batteur très à l’aise. La reprise de standards du funk (Kool & The Gang, Michael Jackson, Earth Wind & Fire, etc.) est énorme ! Alors, OK, Claude François, ce n’est pas notre trip, mais on s’est levé, comme tout le monde, sur « Alexandrie », « Belinda », « Cette année-là », « Magnolias for ever », superbement éclairés et mis en valeur par un impressionnant mur d’images high-tech. On ne connaît pas le coût technique du plateau, mais ça doit être bonbon ! M Pokora donne du bonheur à son public, il a de l’énergie, une hygiène de vie d’un sportif de haut niveau (son papa était d’ailleurs footballeur pro), pendant deux heures, il semble comme dans un stade, euphorique, le smile accroché aux lèvres, même lorsqu’il s’exprime, cela a du sens. D’accord, la fin est un peu surjouée, lorsque Matt annonce qu’il va prendre une année sabbatique (paraît qu’il a rencontre l’amour aux States) mais ses fans ne lui en tiennent pas rigueur, Matt Pokora finit torse nu, à genou sur scène, arrosée par ses danseuses sexy, et sort en descendant sous la scène après une longue ovation debout d’un public aux anges. « Comme d’habitude », quoi…

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