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Christophe Berliocchi

Interviews

Roch Voisine  ©Laurence Labat (3).jpg

Un Roch (Voisine) plus pop rock

Dans la foulée d’un album, « Devant nous », son 22e, sorti au printemps et « réalisé en deux mois à la cave, chez moi, sans contrainte de temps, ni d’argent », Roch Voisine, 54 ans, se prépare à débuter une tournée française début 2018 qui passera par Pau (30 janvier), Biarritz (31 janvier) et Bordeaux (6 février). Entretien depuis la Belle Province.

Un nouvel album très pop, des mélodies plus anglo-saxonnes et des formats plus courts, on a changé « notre » Roch Voisine ?

Non, non (sourire), simplement, il faut vivre avec son temps ! Il y a aujourd’hui une mondialisation du son, plus pop, dans la veine de ce que fait (très bien) Coldplay, et ces sonorités contemporaines, de plus en plus épurées, avec une production très minimaliste, me parlent. Sans trahir ce que je fais depuis 30 ans, j’ai voulu proposer une autre facette de ma personnalité musicale en m’inspirant de cette pop anglo-saxonne qui a le vent en poupe.

 

Et les formats plus courts de vos chansons ?

C’est pour la radio, qui réclame des formats entre 3 minutes et 3 minutes et demie. Si tu ne passes pas sur les ondes, le public ne sait même pas que tu existes ! C’est la réalité, des deux côtés de l’Atlantique.

 

Vous avez sorti deux singles de votre album (« Tout me ramène à toi » et « Comme au cinéma ») au Québec et en France, et on les entend peu ici à la radio…

C’est triste à dire, mais passé 35/40 ans, on est ringard pour les radios qui font du jeunisme en programmant des morceaux pour ados alors que les gamins écoutent surtout des sites de musique en ligne sur leur portable ! C’est assez paradoxal comme idée de vouloir rajeunir un média qui n’est plus écouté par la jeunesse…

 

C’est la même chose à la télévision, non ?

Bien sûr : j’aimerais bien venir présenter mon nouvel album et chanter devant le public français, mais il n’y a plus d’émissions de ce type en France. La seule qui reste, c’est celle de Patrick Sébastien, le samedi soir, qui réunit 6-7 millions de téléspectateurs. Il est difficile de convaincre le public de venir vous voir en concert sans chanter devant lui. La télé des beaux parleurs, ce n’est pas mon truc…

 

Il y a aussi une vraie difficulté à faire carrière à la fois au Québec et en France, non ?

Sûrement, nous ne sommes plus beaucoup à durer des deux côtés de l’Atlantique. « Tout me ramène à toi » a été nominée comme Chanson de l’année aux Félix – l’équivalent des Victoires de la musique – et cela m’a rendu fier. Ici, j’ai une image différente de celle que j’ai en France.

 

On vous ramène toujours à « Hélène », sorti en 1989, et à la rivalité d’alors avec Patrick Bruel ?

Voilà (rire), c’est un peu ça, c’est assez difficile de durer quand vous avez été un « phénomène », quand vous avez marqué les gens d’une génération. « Hélène », c’est plus qu’un tatouage ! En 1992, j’ai donné un concert au Champ-de-Mars à Paris devant 75 000 personnes, on m’en parle encore. Cela ne doit pas enlever tout ce que j’ai construit après, me réduire à ces chansons d’amour, à mon physique, c’est frustrant. J’ai 30 ans de carrière, à chaque projet, je m’implique à fond, comme sur ce dernier album et si, après tout ce temps, je suis encore là, c’est que ce que je fais doit plaire aux gens.

 

Au Québec, vous avez une image musicale plus rock.

Je suis un auteur-compositeur interprète touche à tout : folk, pop-rock, country, style très populaire en Amérique du Nord, dans le registre crooner comme pour « Forever Gentlemen » (avec Garou et Corneille). Surtout, j’aime quand on me dit que j’écris de belles chansons.

 

Verra-t-on toutes ces facettes dans cette nouvelle tournée ?

Oui, nous sommes en pleine répétition (NDLR, l’entretien a eu lieu le 16 novembre) avec un nouveau groupe de cinq musiciens. Nous allons faire cinq dates au Québec pour nous chauffer avant de venir en Europe et tourner deux mois en France.

 

Avez-vous déjà établi la liste de titres ?

En partie, ce concert sera plus pop et laissera beaucoup de place au nouvel album sans pour autant oublier les classiques. Francis Cabrel disait qu’« il faut toujours faire la même chose mais de façon différente », c’est le défi : faire des choix dans un répertoire de 22 albums. Il y aura des « vieilles » chansons, une partie acoustique et le public pourra même voter sur place, à l’entracte, pour sa chanson préférée. Sur cette tournée, ce sera fun, et je peux assurer au public qu’il n’aura pas l’impression d’avoir déjà vu ce concert parce qu’on a vraiment innové !

Roch Voisine en concert, billets de 42 à 48 euros, en vente sur www.box.fr

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